Une belle rencontre
Une rencontre avec Milan Kundera, c’est un moment fort agréable. On fait la conversation le temps d’un après-midi d’hiver, autour d’une bonne tasse de thé, avec un vieil homme qui a traversé le XXème siècle et tous ses bouleversements européens. C’est un voyage historique dans l’Empire austro-hongrois, puis la Tchécoslovaquie communiste qu’il a fallu fuir, l’exil, la France de mai 68, l’Europe et le monde de ce siècle finissant, puis le début d’un autre. C’est aussi un voyage culturel : la musique, la peinture, la littérature… Ce vieux monsieur nous donne une leçon de vie et une leçon de culture. Ca fait un bien fou , un cours "magistral". On l’écoute béat, médusé, absorbé. Plus exactement on le lit, mais son écriture est tellement fluide qu’on a l’impression d’être avec lui, face à lui. Et puis c’est une conversation aussi parce que chaque partie du livre nous pousse à réfléchir, on a envie de répondre, de donner son humble avis, ou d’acquiescer, tout simplement, de dire merci. On se surprend à se demander qu’est-ce que le roman, alors qu’on en lit toute l’année… Pourquoi a –t’on oublié certains grands auteurs ou compositeurs ? Qu’est-ce qui assure la reconnaissance puis la pérennité d’une œuvre ?
Dans cet essai, Kundera nous fait partager ses rencontres artistiques, et ce fut pour moi l’occasion de belles découvertes, mais il nous offre une autre rencontre tout aussi précieuse : la sienne. Quel bonheur que ces 200 pages !
Sur mon petit carnet, j’ai noté :
-qui est Oscar Milozs, à découvrir, à lire….
-lire Malaparte, La Peau
-écouter Schonberg
-relire Dostoievski/Tolstoi, et Sartre/Malraux/Camus
-et bien sûr lire des romans de Kundera, car je n’ai lu que Valse aux adieux et je ne connais pas le reste de son œuvre.
J’aime qu’un livre donne des idées de lecture, c’est toujours ainsi qu’on s’enrichit et qu’on découvre de nouveaux auteurs. J’ai découvert Beckett et Michaux grâce à Cioran, Ionesco, Dante et le cinéma muet grâce à Beckett, Artaud grâce à Michaux etc…. la liste est longue et s’enrichit toujours. Dernièrement, Fritz Zorn grâce à Emmanuel Carrère. Les écrivains sont avant tout des lecteurs !