Bandes dessinées

Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /2009 14:08

 


 


Comme vous avez pu en avoir un aperçu à travers mes billets, mes dernières lectures n'étaient pas particulièrement joyeuses ou légères... Et les comptes rendus à venir ne relateront pas des histoires beaucoup plus gaies : La Route et Mal de pierres... Je voulais donc faire un petite pause dans les choses « graves » et m'aérer un peu la tête avant de sombrer moi-même !


Pour cela mon choix s'est porté sur une BD que l'on voit fleurir un peu partout en ce moment. Ces petits dessins qui croquent des filles assez fines dans des tons très colorés n'ont pas dû vous échapper : c'est Ma vie est tout à fait fascinante de Pénélope Bagieu. Je me suis dit une bd de filles qui a l'air drôle et bien faite, présage d'un bon moment à passer.

Le concept : un dessin et une histoire par page. Dans chacune de ces anecdotes, Pénélope Bagieu nous fait partager les petites contrariétés quotidiennes de sa vie de jeune femme de 26 ans, illustratrice à Paris. Elle est parisienne à fond, elle est un peu bobo, un peu superficielle, un  peu déjantée, un peu rêveuse, un peu envieuse de ses copines, bien sûr un peu femme-enfant... En somme, "elle", c'est un peu tout ce qui constitue « les filles » et qui permet donc aux lectrices de se retrouver très facilement au détour de ces pages. On se sent croquée, et puis on rit de ces situations parfois grotesques ou ridicules dans lesquelles on a le don de se mettre si facilement. On se sent rassurée et moins seule quand on voit que chez Pénélope aussi des farfadets viennent la nuit pour rétrécir ses habits, quand s'épiler est une scène d'une violence insoutenable pour toutes les filles, quand le grand ménage de printemps doit être préparé comme un plan de bataille tant la tâche sera ardue... Bon c'est quand même vraiment très fiiiiille, je pense qu'il y a peu d'avis masculin sur ce livre !

Le trait est fin, les couleurs vives et vivifiantes, les dessins agréables à regarder, avec une adéquation certaine entre le dessin et ce qui est raconté, même si on ne peut parler de grande innovation artistique dans le graphisme (pour ma part en tout cas).

Cette petite bande dessinée a donc rempli mes attentes : j'ai souri ou ri à chacune des pages car il y aussi une bonne dose d'autodérision, indispensable dans ce genre de récit, j'ai passé un agréable moment de détente, une pause au milieu de lectures parfois assommantes de gravité !

Je n'ai qu'un seul regret quand même : c'est que les saynètes ne se déroulent que sur une page, je  les trouve trop courtes et j'aurai bien aimé que certaines anecdotes tiennent sur plusieurs pages et soient un peu plus approfondies.


On peut retrouver les croquis de Pénélope Bagieu quotidiennement sur son site Penelope jolicoeur. Une petite page de bonne humeur et d'humour le matin, c'est pas mal pour commencer la journée ! (Sur le site, le concept une histoire/un dessin /un jour me convainc beaucoup plus).

D'autres avis sur cette BD chez Pimprenelle, Stephie , Moka et Mariel (que des filles bien sûr !).


Une page qui m'a m'a fait me souvenir que j'avais moi aussi des ampoules à changer :


 

 

Ma vie est tout à fait fascinante, Pénélope Bagieu, Le Livre de poche, 2009



 

Par émi-lit - Publié dans : Bandes dessinées
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 09:26

Editions Delcourt, collection Shampooing, 2009


Aude Picault est une jeune auteur de BD (environ 30 ans) qui a déjà publié Moi je aux éditions Warum (au passage, Warum est une petite maison d'édition qui monte qui monte et qui vaut la peine qu'on s'y arrête...)
. Moi je est une bd autobiographique très drôle et savoureuse qui parle aux filles des filles et que j'avais adorée.



En voyant son nouvel album en librairie, je n'ai donc pas hésité longtemps avant de l'acheter, de plus la couverture me plaisait bien aussi. Mais j'ai été un peu déçue. Je me suis ennuyée à certains moments de la lecture, et j'ai parfois trouvé les vignettes confuses (qui parle à quel moment ?), même si le sujet de départ est  intéressant et parlant.
Transat raconte l'histoire d'une jeune graphiste (la trentaine, certainement l'auteur...) qui vit et travaille à Paris. La première partie nous montre le personnage principal dans son quotidien, qui se résume un peu à "métro-boulot-café-dodo" avec les aléas de la vie parisienne : appart trop petit où on vit "avec" ses voisins tant les cloisons sont minces, bruit et foule permanents, parisianisme bien marqué de certains personnages, vieilles amitiés qui se détricotent parce qu'on ne s'écoute plus ou parce qu'on n'a plus grand chose à se dire... Cette première partie est bien traitée, et puis Aude Picault réussit à toucher le lecteur, on se retrouve facilement dans certaines scènes ! (En tout  cas lorsque le lecteur est une fille qui s'approche de la trentaine...)
Mais au milieu de cette vie assez monotone, la narratrice prépare un grand projet qui lui rend le sourire : celui de partir d'abord une semaine dans une maison, totalement seule et isolée sur une île bretonne, puis plusieurs mois sur un voilier autour des Antilles et des Caraîbes, avec des gens qu'elle ne connaît pas. Elle n'est pas particulièrement passionnée de voile, on la voit donc à l'oeuvre en train de potasser des livres de navigation pour retenir des informations techniques bien ennuyeuses (mise en abîme formidable de l'ennui de la narratrice qui lit ses livres de navigation et de l'ennui du lecteur lorsqu'il lit ces pages !).
La deuxième partie porte donc sur le voyage à bord du voilier, et c'est cette partie que je  n'ai pas trop aimée. Je l'ai trouvée fade, pas grand chose d'intéressant alors que c'est censé être le grand voyage dont on attend beaucoup... Quelques pages où il n'y a qu'une grande illustration du voilier sur la mer (agitée, calme, de jour, de nuit...) sans bulles de parole. J'ai tourné ces pages sans grande motivation ni intérêt.
La dernière partie raconte le retour de la protagoniste, avec quelques phrases bilan que j'ai bien aimées :
"A 20 ans le monde s'ouvre à toi... et à 30 tu prends conscience que réaliser l'être formidable qui se cache en toi est plus compliqué que prévu. Alors on s'arran
ge avec le réel, en essayant de ne pas trop se résigner, en jonglant de façon plus ou moins honnête avec soi-même. Et finalement, on fait nos choix en fonction de notre propre environnement, du contexte, de notre degré de conscience, de rencontres que l'on fait, de celles que l'on rate... Chaque choix dérive d'une multitude de non-choix."
Et un des dernier dialogue entre la narratrice et un personnage plus vieux :
"- On ne peut pas rater sa vie.

- Mais comment ça ?!
- Tu ne peux pas "rater" ou "réussir" ta vie. Tu ne peux que la vivre..."


Mon avis est mitigé... je ne l'ai pas lue très rapidement, signe pour une BD que je n'ai pas été très enthousiaste. Quand même de bonnes pages et de bons passages, mais j'ai préféré, de beaucoup, Moi je, que
Loula a lu et apprécié aussi.

Pour finir, voici un aperçu du graphisme d'Aude Picault :

Je vais  maintenant me plonger dans ma prochaine lecture BD, Aya de Yopougon, tomes 3 et 4, là je sais que je ne serai pas déçue...

Par émi-lit - Publié dans : Bandes dessinées
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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 16:12

Cyril Pedrosa était un auteur de bande dessinée inconnu pour moi jusqu’à ce qu’on m’offre l'album Trois Ombres,  paru en 2007, qui a figuré, à juste titre, dans la sélection pour le festival d’Angoulême 2008. Cette année l'auteur a reçu le Prix Tournesol 2009 pour sa BD Auto Bio*.

 



Couleurs sombres dés la première de couverture, puis graphisme en noir et blanc tout au long des quelques 270 pages de cette BD, ou « roman graphique ».

Cette absence de couleur convient parfaitement au registre de l’histoire racontée : la tristesse et la douleur y sont omniprésentes, en même temps que la détermination, la force et le courage. Le thème est la perte d’un enfant… La disparition du petit Joachim est scellée dés le début du récit par l’apparition au loin des Trois ombres, telles les Parques de l’antiquité romaine, qui décideront du destin et de la durée de vie de l’enfant. Les parents savent que l’enfant mourra, mais le père ne peut l’admettre : il tentera, à travers un long périple, de protéger et de sauver son fils… et ira, pour cela, jusqu’à vendre son âme. Trois Ombres raconte donc ce long voyage ainsi que les différentes péripéties que traverse ce père aimant pour tenter de sauver son fils de ce qui paraît au lecteur comme inévitable. Dans son cheminement, le père est déterminé, courageux et vaillant.

Le dénouement est assez inattendu, le rythme de la narration est dynamique et bien mené. Peut-être est-ce aussi pour cela qu’on peut parler de roman graphique plus que de bande dessinée. Les personnages campés, principaux autant que secondaires, sont émouvants et authentiques, de par leur humanité, et cela sans jamais tomber dans le trop plein de pathos ou d’émotion.

Une histoire très belle, parfois cruelle, qui varie les tons en s’ouvrant sur le fantastique lors de certaines étapes que traversent les personnages. On est plongé dans un univers à la fois onirique, étrange, beau et parfois effrayant ; un univers particulier que l'auteur a su créer, et dans lequel le lecteur entre facilement et plaisamment. Et bien sûr à tout cela s’ajoute un graphisme élaboré et sobre que j'ai beaucoup apprécié.

 



 

Par émi-lit - Publié dans : Bandes dessinées
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