Coquillages et crustacés...

Publié le par émi-lit

Petit préambule… la pause blog a duré un peu plus longtemps que prévu… Toutes mes excuses à ceux qui sont passés régulièrement et ont trouvé page morte…

Mais je reviens avec plein de lectures dans la tête à restituer ici… Commençons par une lecture de vacances (pour avoir l’impression d’y être encore un peu…)

 

Alors que je traînais bien difficilement mes Kafka et Hélène Berr sur les plages de Corse, un ami me prit en pitié en me prêtant un livre un peu plus adapté au lieu où nous nous trouvions. Adapté à la plage, je vous entends, non cela ne signifie pas obligatoirement un livre léger, un roman d’amour à l’eau-de-rose, ou un Marc-Lévy-Guillaume-Musso (oui, après une très rapide étude sociologique des « lectures de plage », en tête d’affiche, et loin de tout, ces deux auteurs ont la part belle). Non, parfait pour la plage grâce à son titre : Plage de Manaccora, 16h30 (et au passage, le titre peut aussi évoquer un tube de l’été, par faux anagramme !!)

 

Ce que Philippe Jaenada nous suggère par son titre, c’est qu’un événement précis s’est produit ici et maintenant… Seraient-ce le lieu et l’heure du crime ?

Non, pas un crime mais un événement tout aussi tragique : l’incendie qui a ravagé le parc du Gargano dans la région des Pouilles en Italie, durant l’été 2003, et plus précisément la plage de Manaccora où le narrateur passait ses vacances en famille avec son fils et sa femme. Tous trois ont des prénoms atypiques : Voltaire et Ouma, les parents et Géo le fils. Cette toponymie donnera lieu à de bons traits d’humour, et permettra de dédramatiser un peu les faits tragiques dont ils seront les acteurs. On peut aussi y voir un procédé de mise à distance autobiographique, puisque ce récit l’est partiellement .

Voltaire et sa petite famille ont donc pris l’habitude de partir en vacances dans les Pouilles pour se détendre et se ressourcer, loin du stress de la vie parisienne. Vacances paisibles au soleil, plage, promenades, lectures…Mais le récit de Voltaire va se concentrer sur cette terrible journée où ces vacances si paisibles basculent brutalement dans l’horreur et la peur de ne pouvoir échapper à quelque chose d’effroyable. Nos trois héros, et avec eux de nombreux personnages secondaires formidablement croqués (touristes, habitants locaux…) vont devoir affronter cet  incendie qui ravage la forêt, le village et les plages de cette belle région sauvage. Les forces de la nature se soulèvent, il fait extrêmement chaud, le feu se propage à une vitesse impressionnante, très vite l’homme se sent impuissant face à un tel déchaînement. Que faire ? Comment réagir face à une catastrophe imminente à laquelle on n’est pas sûr de survivre ni de sauver sa famille ?…Que choisit-on d’emmener lorsqu’on ne dispose que de quelques minutes pour décider de ce qui ne sera pas réduit en cendres ? Voltaire se pose toutes ces questions, et nous fait part de ses réflexions parfois à teneur philosophique… (un clin d’œil au philosophe des Lumières ?!)

Mais on échappe à un récit tragique et pathétique grâce à une subtile narration qui mêle les événements du moment présent et les souvenirs : à chaque fois que le narrateur raconte ce qui se passe au moment où lui et sa famille sont menacés par l’incendie, il se rappelle une anecdote de sa vie « d’avant », sa vie d’écrivain parisien, de père de famille, de mari, ou bien encore avant, de célibataire endurci. Ce procédé est très efficace et contribue à la qualité du livre : au moment où on pourrait basculer dans la gravité, une anecdote souvent drôle, teintée d’autodérision et d’humour survient. La meilleure est sans doute celle sur l’Hippopotamus !

 

C’est un bon roman, bien construit, qui se lit vite. L’histoire fonctionne, le lecteur est « pris » par le rythme de la narration. Et Philippe Jaenada maîtrise l’art de la digression, ce que j’ai bien apprécié aussi.  Une très bonne lecture de plage, en somme !

 

Je n’ai pas le livre sous la main pour vous livrer les extraits qui m’ont plu, mais j’essaierai de me le procurer et de compléter cet article !


Publié dans Récits

Commenter cet article

Vylène 02/10/2009 11:16


Je fais partie des heureuses de te relire :)
Vraiment, qu'elle est belle, poétique, profonde et légère à la fois cette façon que tu as de nous parler des livres...


mango 14/09/2009 10:31

Depuis le temps que j'ai envie de lire cet auteur, c'est peut-être l'occasion avec ce titre!

émi-lit 28/09/2009 21:49


N'hésite pas ! Enfin je ne saurais t'en conseiller d'autres car c'est le seul que j'ai lu !!


Leiloona 13/09/2009 10:31

Voici un roman que j'avais vraiment envie de lire à sa sortie ... puis le temps est passé, et je ne l'ai toujours pas lu. Peut-être en poche, du coup ? Mais c'est presque sûr que je le lirai. :))

émi-lit 14/09/2009 08:09



Merci ! Oui de retour après un long moment d'absence....
Et bien je vous conseille vraiment cette lecture, rapide et aérante ! D'ailleurs je crois que quelqu'un l'avait proposé pour les lectures communes (peut-être Stephie ?).
Leïloona, je ne sais pas quand il sortira en poche. (Mais je me demande bien quelle sera la première de couv, j'aime bien celle de cette édition, avec la page qui commence à brûler !).



Mariel 13/09/2009 10:13

Avant toute chose: je suis ravie de lire à nouveau ton blog!
2ème chose: je note le titre de ton roman pour mes prochaines vacances. Il m'a l'air vraiment "bien"...

Moka 13/09/2009 10:11

Une référence que je note ! Contente de te lire à nouveau.