Mon Voisin, Milena Agus

Publié le par émi-lit


Voici un livre (longue nouvelle ou court roman, une cinquantaine de pages) qui n’a pas eu le temps de passer par ma PAL. La couverture m’a d’abord attirée : toute cette luminosité avec ce bleu du ciel éclatant, ces branches d'olivier dispersées… peut-être la promesse d’une lecture qui me ferait un peu voyager et prendre le soleil, faute d’en avoir ici, pour oublier un peu cette grisaille. La quatrième de couverture me conforte dans cette attente en m’indiquant en plus que l’auteur est sarde, île que je ne connais pas mais comme j’ai un goût particulier pour les petites îles méditerranéennes ensoleillées, ça me plaît d’emblée. Je suppose que beaucoup d’entre vous ont lu Mal de pierres, moi pas, j’ai donc lu Mon Voisin en néophyte de Milena Agus.


Et ce petit récit est une merveille. Il a tout ce soleil plombant par lequel je voulais être ébouie et assommée. Les personnages mènent une vie à la fois calme et pesante  sous ce soleil ardent de Caligari. Le temps semble suspendu, il n’y a pas grand chose à faire pour s'occuper dans cette ville, dans ces rues, dans cette maison. Alors « elle », l'héroïne dont on ne connaîtra pas le nom, avec son fils de deux ans qui ne parle toujours pas, sur lequel elle veille avec amour, s’ennuie. Et pour tromper son ennui, elle pense au suicide, c’est même un peu son obsession : comment se suicider en faisant croire à un accident pour ne pas culpabiliser famille et amis ?

« Alors il lui venait l’envie de mourir. L’enfant, une de ses sœurs le prendrait, au moins il grandirait dans une famille normale. Elle avait raison de ne jamais boire l’eau vidangée de la citerne en espérant le typhus et de manger les conserves périmées en se souhaitant le botulisme, et de toujours marcher du côté de la route où les autos passaient et pouvaient l’écraser »

C’est une femme un peu à part, dans son monde, dans ses rêves, dans ses illusions, et aussi étrange que cela puisse paraître, elle ne semble pas désespérée. Elle n’a juste pas peur de la mort, ce sera un apaisement pour elle.

Mais, elle a une autre obsession que le suicide : son voisin « Il était très beau  […] Mais lui ne les voyait pas, même quand la rue était vide. » Enfin il finit par les voir, elle le rencontre, ils se parlent et se retrouvent, la nuit - on imagine ces nuits étouffantes de chaleur par lesquelles on ne peut pas trouver le sommeil -, elle sur son balcon, lui sur le mur mitoyen… Cette rencontre changera t-elle son quotidien ? Peut-il y avoir une vie plus belle ? Une vie rêvée qui devienne réalité ? ...


L’écriture est belle, agréable à lire, avec un soupçon d’onirisme et de poésie à chaque page, certainement très bien rendue par le traducteur François Brun. Ce petit livre est une comme un doux rêve inondé de lumière. Cette lumière, c’est ce soleil qui écrase de tout son poids, qui fait mal aux yeux mais en même temps enivre, et plonge dans le rêve les personnages et le lecteur.

Grâce à cette lecture, je me suis procuré Mal de pierres dont j’entamerai prochainement la lecture, en espérant retrouver ce style qui m’a beaucoup plu.

Je viens de découvrir que Stephie a également  lu et aimé ce livre, ainsi que Leiloona. Toutes deux parlent également de Mal de pierres.

Publié dans Récits

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sylvie 11/02/2010 19:27


J'ai moi aussi bien aimé ce livre et j'en ai même concocté un petit repas pour le challenge à lire et à manger;)


Loun 21/06/2009 16:00

Dans ma PAL grâce à toi, merci :)

pimprenelle 17/05/2009 18:39

Il est dans ma LAL depuis un petit moment déjà, tu fais bien d'en parler, je l'avais oublié!

émi-lit 20/05/2009 09:48


Oui Vylène, cet olivier est une invitation à s'élever toujours plus haut (et à lire toujours plus !)...
Tu peux le mettre dans ta PAL Pimprenelle, il se lit si vite qu'il ne la déstabilisera pas de beaucoup !


Vylène 15/05/2009 15:20

Que j'aime cette écriture...J'ai lu "Mal de pierres", pas encore "Mon voisin", mais ce billet me suggère que ce n'est qu'une question d'instants...Et ce bel olivier... On reste décidement dans les arbres mais on a quitté le repos que nous offre le berceau de leurs racines et le voile de leur ombre pour les hauteurs d'avance qu'ils nous offrent sur la vie quand on accepte l'invitation à s élever que nous tendent leurs branchages...
Bonne escalade vers leurs sommets.

Edelwe 14/05/2009 21:25

J'ai trouvé celui-ci un peu trop court (cf mon billet) mais j'ai beaucoup aimé mal de pierre. Bonne lecture et bravo pour ton blog! Bienvenue sur la toile!

émi-lit 17/05/2009 13:01


Merci beaucoup Edelwe ! A très bientôt sur la toile