Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 14:37

Petit préambule… la pause blog a duré un peu plus longtemps que prévu… Toutes mes excuses à ceux qui sont passés régulièrement et ont trouvé page morte…

Mais je reviens avec plein de lectures dans la tête à restituer ici… Commençons par une lecture de vacances (pour avoir l’impression d’y être encore un peu…)

 

Alors que je traînais bien difficilement mes Kafka et Hélène Berr sur les plages de Corse, un ami me prit en pitié en me prêtant un livre un peu plus adapté au lieu où nous nous trouvions. Adapté à la plage, je vous entends, non cela ne signifie pas obligatoirement un livre léger, un roman d’amour à l’eau-de-rose, ou un Marc-Lévy-Guillaume-Musso (oui, après une très rapide étude sociologique des « lectures de plage », en tête d’affiche, et loin de tout, ces deux auteurs ont la part belle). Non, parfait pour la plage grâce à son titre : Plage de Manaccora, 16h30 (et au passage, le titre peut aussi évoquer un tube de l’été, par faux anagramme !!)

 

Ce que Philippe Jaenada nous suggère par son titre, c’est qu’un événement précis s’est produit ici et maintenant… Seraient-ce le lieu et l’heure du crime ?

Non, pas un crime mais un événement tout aussi tragique : l’incendie qui a ravagé le parc du Gargano dans la région des Pouilles en Italie, durant l’été 2003, et plus précisément la plage de Manaccora où le narrateur passait ses vacances en famille avec son fils et sa femme. Tous trois ont des prénoms atypiques : Voltaire et Ouma, les parents et Géo le fils. Cette toponymie donnera lieu à de bons traits d’humour, et permettra de dédramatiser un peu les faits tragiques dont ils seront les acteurs. On peut aussi y voir un procédé de mise à distance autobiographique, puisque ce récit l’est partiellement .

Voltaire et sa petite famille ont donc pris l’habitude de partir en vacances dans les Pouilles pour se détendre et se ressourcer, loin du stress de la vie parisienne. Vacances paisibles au soleil, plage, promenades, lectures…Mais le récit de Voltaire va se concentrer sur cette terrible journée où ces vacances si paisibles basculent brutalement dans l’horreur et la peur de ne pouvoir échapper à quelque chose d’effroyable. Nos trois héros, et avec eux de nombreux personnages secondaires formidablement croqués (touristes, habitants locaux…) vont devoir affronter cet  incendie qui ravage la forêt, le village et les plages de cette belle région sauvage. Les forces de la nature se soulèvent, il fait extrêmement chaud, le feu se propage à une vitesse impressionnante, très vite l’homme se sent impuissant face à un tel déchaînement. Que faire ? Comment réagir face à une catastrophe imminente à laquelle on n’est pas sûr de survivre ni de sauver sa famille ?…Que choisit-on d’emmener lorsqu’on ne dispose que de quelques minutes pour décider de ce qui ne sera pas réduit en cendres ? Voltaire se pose toutes ces questions, et nous fait part de ses réflexions parfois à teneur philosophique… (un clin d’œil au philosophe des Lumières ?!)

Mais on échappe à un récit tragique et pathétique grâce à une subtile narration qui mêle les événements du moment présent et les souvenirs : à chaque fois que le narrateur raconte ce qui se passe au moment où lui et sa famille sont menacés par l’incendie, il se rappelle une anecdote de sa vie « d’avant », sa vie d’écrivain parisien, de père de famille, de mari, ou bien encore avant, de célibataire endurci. Ce procédé est très efficace et contribue à la qualité du livre : au moment où on pourrait basculer dans la gravité, une anecdote souvent drôle, teintée d’autodérision et d’humour survient. La meilleure est sans doute celle sur l’Hippopotamus !

 

C’est un bon roman, bien construit, qui se lit vite. L’histoire fonctionne, le lecteur est « pris » par le rythme de la narration. Et Philippe Jaenada maîtrise l’art de la digression, ce que j’ai bien apprécié aussi.  Une très bonne lecture de plage, en somme !

 

Je n’ai pas le livre sous la main pour vous livrer les extraits qui m’ont plu, mais j’essaierai de me le procurer et de compléter cet article !


Par émi-lit - Publié dans : Récits
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Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /2009 16:41



J'avais été très enthousiaste et enchantée par l'univers que proposait Milena Agus, ou plutôt qu'elle esquissait tant l'œuvre était courte, dans Mon Voisin. J'ai eu envie de réitérer afin de voir si le charme de cette écriture opérerait de nouveau, pour cela j'ai choisi son grand succès Mal de pierres.

Le titre, c'est le nom « poétique » du mal qui ronge l'héroïne de ce récit : une femme sarde décrite par la narratrice (sa petite fille) comme très jolie mais aussi un peu étrange, un peu à part de la société dans laquelle elle vit, et qui a comme « signe particulier » des calculs rénaux ... ce fameux mal de pierres fait la différence entre elle et les autres, ce « mal » qui finira par lui être un bien et lui permettra de connaître quelques instants fugitifs mais précieux et intenses de bonheur au cours d'une cure de guérison, lorsqu'elle rencontre un personnage nommé « le Rescapé ».

La narratrice raconte la vie de sa grand-mère... une vie pas facile dans la campagne sarde, lorsqu'on est vue comme un peu « dérangée » par les autres villageois, et lorsqu'à 30 ans, dans les années 40, on n'est toujours ni mariée ni mère. Cependant un jour, un homme l'épouse. Il n'est pas question d'amour dans ce mariage, juste de convenance, pour ne pas être seul. L'époque et la société le veulent ainsi. Mari et femme auront alors une relation très particulière, qui ne traduit pas vraiment l'amour ni la passion, mais est empreinte d'une douce folie : la femme propose à son mari de le satisfaire autant que les femmes des maisons closes qu'il fréquente afin qu'il économise son argent pour acheter du tabac et se détendre. Cette femme est doucement dérangée et on s'y attache très vite... Ce qu'elle a dans la tête, qui ne tourne pas dans le même sens que les autres, ce sont des rêves et de la poésie. Mais il est des lieux et des époques pour être ainsi (quoique), et ce n'est pas la bonne pour elle...

Le point culminant du récit, c'est la rencontre avec le Rescapé... de cette rencontre naîtra une très belle histoire d'amour, la magie de la littérature opère, on y croit comme à un joli conte...  Une histoire d'amour qui est comme un rêve, une trêve dans la vie de cette femme. Une histoire courte et intense, mais triste aussi, à l'avenir incertain Je me suis un peu retrouvée dans les récits de Stephan Zweig, qui a un talent certain pour décrire admirablement les amours tristes et tragiques de ces femmes frustrées du siècle dernier... (je pense à 24 heures de la vie d'une femme ou la poignante Lettre d'une inconnue).

Le récit n'est pas chronologique, on se laisse porter agréablement par l'univers et la vie de cette femme, peu importe finalement si ce n'est pas linéaire. Ce qu'on veut c'est suivre le fil décousu de sa tête qui nous conduira à la fin, et quelle fin...


En bref, je n'ai pas été déçue et suis plutôt satisfaite d'avoir reconduit ma rencontre avec la littérature sarde. Créer un univers et faire que le lecteur y adhère, n'est-ce pas le propre de la création littéraire ? On se sent bien chez Milena Agus, libre, au soleil, parmi ces femmes atteintes d'une douce folie, de ces folies qui ne doivent pas être soignées, qui finalement  ne se soignent pas car elles ne dérangent personne, et surtout pas le lecteur charmé par les effluves de poésie qui traversent ces romans...

Ce ne sont pas des livres bouleversants  comme ont pu l'être dernièrement La Route et Un homme pour moi, mais c'est comme une invitation à une promenade agréable dans un pays de rêve, un peu lointain, un peu décalé, pas vraiment dans ce monde-ci. Une pause avec le réel qui fait du bien. Et avec des petites vérités parsemées ici et là ... par exemple ce petit paragraphe, qui n'est pas dénué de sens :

« D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, si j'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas. »


Leiloona et Stephie ont également beaucoup apprécié cette lecture et elles en parlent très bien. Un avis divergeant toutefois : celui de Lilly. Et c'est toujurs bien les avis différents !


Petit clin d'œil pour finir : il y a peu de temps, j'ai vu le film Respiro, réalisé par Emanuele Crialese et j'ai rapproché son univers de celui de Milena Agus. Beaucoup de ressemblances dans les thèmes, dans la poésie et la folie, et aussi dans les paysages (le film se déroule sur l'île sicilienne Lampedusa).



Je ne sais pas du tout s'il y a une influence quelconque de l'un sur l'autre, mais  le rapprochement s'est fait dans ma tête, et je pense que ceux qui ont aimé Mal de pierres aimeront Respiro !

 

Mal de pierres, Milena Agus, Le Livre de poche, 2008

 

Par émi-lit - Publié dans : Récits
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /2009 10:43
Qu'est-ce que c'est ? Le blog de ouro c'est une "récompense" que l'on attribue aux blogs qu'on aime lire.

C'est Mariel qui me l'a remise et j'en suis ravie, d'autant plus que j'apprécie beaucoup son blog Les Carabistouilles de Marie, au graphisme frais et coloré, et la lecture de ses billets sur le cinéma ou les livres est toujours un plaisir et une invitation à la découverte (et puis je crois qu'on a pas mal de goûts en commun). Merci Marie !

C'est maintenant à mon tour de transmettre ce blog d'or, qui a déjà pas mal circulé... Je choisis le blog de Heide, A fleur de mots, né en même temps que le mien, et dont les avis de lectures sont toujurs intéressants. Heide j'espère lire très vite un nouveau billet, tu fais attendre tes lecteurs !

Et je profite de ce billet pour vous faire part de deux belles découvertes que j'ai faites ce matin :
Lilly et ses livres
N.u.l.l.e.
2 blogs très fournis, véritable puits d'idées et d'article, bref de quoi trouver plein de titres pour augmenter un peu plus nos PAL...

Enfin, je copie/colle la règle du blog d'or:
- Mettre le blog d'or sur son blog
- Mettre un lien vers le blog qui le lui a transmis
- Offrir cette récompense à un ou plusieurs autres blogs
- Informer les destinataires
- Recopier le règlement.

Par émi-lit - Publié dans : Ratures
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